Lecture/écriture

Lecture/écriture : pourquoi faut-il apprendre les deux en même temps ?

NEUROEDUCATION 2/

La lecture de l’article LANGAGE/LECTURE est conseillée avant de prendre connaissance de celui-ci car certaines notions vont être reprises, sans être autant développées. La zone de la lecture se situe dans la zone occipito-temporale gauche : à cheval dans le lobe occipital et le lobe temporal et uniquement dans l’hémisphère gauche pour la plupart des personnes.

En effet, pour lire, il faut d’abord que le cerveau traite des informations visuelles (dans le lobe occipital), puis « traduise » les graphèmes en phonèmes dans la zone du langage (cf. article « langage/lecture = le recyclage neuronal » paru dans le Vendredi n°815).

D’après Steeve MASSON, l’écriture vient comme soutien à la lecture.

La zone de l’écriture se situe dans la zone pré-motrice dans le lobe frontal. La zone pré-motrice intervient dans le mouvement d’écriture qui correspond à l’image motrice des mots. Quand on lit, on active la zone pré-motrice permettant la connaissance des lettres.

Il est important d’apprendre à écrire de façon manuscrite car cela facilite l’apprentissage de la lecture.

L’écriture vient renforcer les réseaux de l’apprentissage de la lecture comme un facilitateur. L’activité motrice des mots active le réseau de la lecture. On a également une activation dans l’autre sens quand on lit : activation du cortex pré-moteur (écriture).

Le mouvement moteur manuel est-il le même que le mouvement moteur du clavier ? NON

Le mouvement moteur manuel facilite la lecture ainsi que l’activation des réseaux associés à la lecture. Le clavier active les zones du mouvement et pas celle du langage (écriture manuscrite).

Selon Stanislas DEHAENE, apprendre à écrire facilite la lecture :

la lecture s’améliore lorsque l’enfant pratique l’exploration active des lettres par le toucher et apprend le tracé.

En ajoutant un code moteur au répertoire mental des lettres, ces activités facilitent la mémoire des correspondances graphèmes-phonèmes. Elles réduisent également les ressemblances entre des lettres en miroir comme b et d (d’où l’intérêt d’utiliser la méthode Jean qui rit ou le matériel Montessori). L’existence d’activation supplémentaire dans le cortex pré-moteur intervient dans le déchiffrage des caractères manuscrits. Le cerveau reconnaît implicitement la présence d’un geste derrière une lettre manuscrite.

L’écrit rajoute un code moteur au répertoire mental qui nous permet de coder les lettres écrites et aussi parce qu’il permet de créer un code neural complètement différent pour des lettres qui sont écrites en miroir. La lettre p et la lettre q n’ont plus du tout le même code (même symbole) lorsque vous pensez au geste moteur qui permet de les écrire.

Apprendre à écrire facilite l’apprentissage de la lecture chez l’enfant. Les 2 activités doivent être enseignées simultanément au départ.

Progression rationnelle

Les graphèmes doivent être introduits un par un, selon une progression rationnelle qui prend en compte :

• La facilité de prononciation des consonnes isolées. Liquides

(l, r), nasales (m, n) ou fricatives (f, v, j, ch, z, s) sont plus faciles à combiner avec les voyelles car « on peut les entendre ». On présente à l’enfant les graphèmes les plus utiles, les plus utilisés.

• La régularité des correspondances Graphèmes-Phonèmes : v se prononce toujours /v/, tandis que g se prononce /g/ ou /j/.

• La fréquence des graphèmes et des phonèmes.

• La complexité de la structure syllabique : consonne-voyelle (CV) et VC avant CVC, CCV, etc. Le mot « strict » est difficile à lire pour les jeunes enfants qui apprennent à lire.

• L’inséparabilité des graphèmes complexes comme : eau, ch.

• Les lettres muettes.

• Les petits « mots outils » comme « est », « ses », « ou ».

Pour James et Engelhard (2012), l’apprentissage de l’écriture manuscrite mène à l’activation de régions cérébrales liées à la lecture.

Le mouvement moteur, autrement dit le geste manuel, facilite la lecture ainsi que l’activation des réseaux associés à la lecture. Voilà pourquoi il est important d’apprendre à écrire de façon manuscrite car cela facilite l’apprentissage de la lecture.

Le mouvement moteur par geste manuel (écriture manuscrite) est-il le même que le mouvement moteur utilisé lors de la frappe sur un clavier ? NON Le clavier active les zones du mouvement (zone motrice) et pas celles du langage (écriture manuscrite). Ce n’est pas la même zone qui est activée.

Le fait de tracer les lettres entraîne une prise de conscience des indices qui permettent de différencier les lettres : F et E. La calligraphie du b et du d en écriture cursive permet de discriminer les lettres, ainsi que pour le p et le q, le n et le u.

Catherine Renard


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